Tuono V60 : La remplaçante

Après plusieurs années dans le garage sans vraiment rouler et des balades qui se terminaient en corvée plus qu’autre chose, je me suis résigné à remplacer le R1. Bon, dans les faits la décision n’a pas été si facile. Malgré l’attachement (c’est quand même la première à qui j’ai ouvert le moteur), depuis la fin des travaux de rénovation l’envie n’y était plus vraiment. La balade en duo jusqu’à la mer en passant par les petites routes a fini d’enterrer cette histoire en laissant des séquelles pendant plusieurs jours à mes frêles poignets et mon séant.

Cette fois c’est décidé, il faut passer à autre chose.

adieu triste

Du sang neuf

Pour la remplaçante est plutôt simple, l’idée est d’avoir un max de caractère pour un budget mini. Objectif : une moto loisir pour se balader et surtout enfin remettre (enfin) les roues sur circuit.

J’ai toujours adoré les 4 cylindres, surtout en 600cc. Mais le R1 m’a poussé à voir ailleurs si je voulais garder mon permis. Un gros bicylindre semblait être la réponse évidente.

Le choix s’est porté sur une italienne. Après le temps passé à retaper le R1 je me suis dit que j’étais prêt !

Tuono, sustantivo maschile : tonnerre (m sg)

Larousse

On va pas être trop joueur non plus… J’en ai pris une qui a la réputation d’être fiable : une Aprilia Tuono de 2003 qui totalise 52 000km. Un moteur Rotax V60 plein de caractère et une partie cycle super précise, suffisamment pour le poireau que je suis en tout cas.

En dehors de quelques bricoles la moto est toute d’origine, on retrouve donc les défauts récurrents du modèle : impossible de passer le point mort à l’arrêt, récepteur d’embrayage fuyard, circuit de charge pas top et la faiblesse connue de la roue libre de démarreur qui impose d’avoir une batterie toujours chargée à bloc pour éviter de l’endommager.

A cela viennent s’ajouter des défauts esthétiques, certains récurrents comme l’optique avant qui vieillit mal, et d’autres propres à cette moto comme le vernis qui a sauté sur le réservoir et la tête de fourche.

La bestiole telle qu’elle a été achetée

Après achat, le retour s’est fait de nuit sous une pluie battante. Première impression : on n’y voit absolument rien ! Si je compte rouler de nuit va falloir penser à remplacer rapidement les trois ampoules H7 par quelque chose d’un peu plus costaud.

cant see shit

Les jours suivants m’ont permis de comprendre le potentiel de la moto. Malgré 30cv de moins que le R1, la manière dont arrive la puissance est un vrai régal sur route. Une machine à sensation même à vitesses moyennes. Moi qui ne suis pas adepte de wheeling je me suis vu arriver au boulot avec l’avant qui déleste. Oups.

Le réservoir ultra fin au niveau de la selle et remonte bien au-dessus des genoux, inhabituel au départ mais ça permet de vraiment avoir la sensation d’être « dans » la moto. Ça devrait être sympa pour rester stable sur circuit.

Enfin, on n’est pas là pour refaire l’essai d’une moto qui a l’âge de voter. Programme de départ : corriger les défauts apparents et de faire du préventif.

Check-up de départ

Le temps de faire quelques bornes pour dégrossir ce qui doit l’être, il était temps de faire le premier entretien global. Remplacement des pneus par une paire de Pirelli Diablo Supercorsa. Check-up global de la moto : on vidange, on ouvre, on vérifie les filtres, les bougies … Et bonne surprise, pas de mauvaises surprises !

Les pipes d’admissions commencent à craqueler, je connais pas encore assez le modèle pour savoir si c’est normal. Ceci dit vu son âge c’est pas choquant. Le circuit de charge a été bidouillé pour pallier aux problèmes cités plus hauts, c’est fonctionnel mais plutôt vilain : on va faire une remise au propre de ce côté. Il manque un ergot au câble de retour d’accélérateur donc la poignée n’a pas de butée nette quand on la relâche…  Et c’est tout ! En attendant on va pouvoir se concentrer sur le préventif.

A la recherche du point mort perdu

Après les premières balades deux choses sautent aux yeux : le point mort impossible à passer, et l’embrayage qui nécessite une sacrée poigne.

Deux choses plutôt incompatibles et qui agacent un peu au feu rouge. D’aucuns diront qu’on peut passer facilement le point mort juste avant que la moto soit à l’arrêt, et c’est vrai. Mais j’aime bien pouvoir conduire comme je l’entends. C’est pas la petite nouvelle qui va faire sa loi.

serrage main bonhomme

Première étape donc, adoucir la commande d’embrayage. Pour ça on remplace le maitre-cylindre diamètre 13 d’origine par un diamètre 10 qu’on trouve sur KTM. Ça rend la poignée nettement plus facile à manipuler. Quitte à ouvrir le circuit d’embrayage, je change aussi le récepteur d’origine par un Obéron.

Première gaffe au passage, en changeant le guidon j’abîme la commande de starter. J’en profite pour la déporter sous la bulle.

Ensuite on s’attaque au point mort : pose d’un Jet 40, le gicleur qui régit l’entrée d’huile dans la boite et réputé pour régler ce souci. Problème : une fois tout assemblé et purgé, ça ne résout rien du tout ! La faute peut-être au maitre-cylindre. Je me demande si la réduction du diamètre n’entraine pas une course insuffisante pour débrayer suffisamment.

Autre possibilité, l’huile moteur : il faudra envisager de passer sur de la Seven spécialement étudiée pour ce moteur.

Le point mort reste introuvable mais l’embrayage est bien plus facile : on va pouvoir procrastiner.

Le courant commence à passer

Le circuit de charge est un point faible de cette moto, notamment à cause d’une section de câbles trop faible utilisée d’origine pour le régulateur. Hop, ça dégage.

get out

Remplacement du régulateur et du circuit électrique associé. J’en profite pour changer la batterie : -3kg sur la balance, ça compensera pour les apéros de l’hiver. La batterie a tendance à se décharger et je soupçonne l’alternateur. Je le garde en tête mais ce sera à vérifier plus tard : il y a un peu de boulot avant de rouler.

Relooking (pas si) extrême

Plusieurs choses me chiffonnent sur l’aspect de la moto, surtout le vernis écaillé sur le réservoir et la tête de fourche. Le prix d’une peinture étant ce qu’il est, j’essaye de bosser sur une déco qui limitera les frais. Une peinture unie classique qui sera agrémentée de stickers, tout en mettant en avant la couleur du cadre qui a le mérite de ne pas se voir partout. Après plusieurs essais plus ou moins concluants, j’arrive à un résultat qui me plait bien :

Montage photo sur base de Factory

A ce stade pour moi le projet est figé : je vais reprendre les codes de la déco Factory, en changeant les couleurs. Autrement ça reviendrait un peu à coller un sticker GTI sur une 206 1.2L diesel.

Je fais faire un kit déco, repeindre le réservoir, les jantes passent chez MPE qui m’a fait du super boulot sur la peinture Epoxy

C’est encore un peu dépareillé mais ça prend forme.

Échappement

Pas emballé par le silencieux Arrow qui était monté à l’achat, je décide de reprendre le silencieux maison qu’on m’avait fabriqué pour le R1 et de faire réusiner l’entrée pour pouvoir l’adapter.

Sur le moteur Yamaha ce silencieux sans sa chicane donnait un son profond sans être trop fort. Enfin, sûrement trop pour un sonomètre mais raisonnable pour pas réveiller tout le monde en sortant de la ville.

Sur le V60 c’est une autre histoire. Le premier trajet travail m’a suffi pour m’en rendre compte, après avoir retrouvé mon tympan par terre. Même avec la chicane, en ville passé 4000 tours par minute ça braille encore trop et je reçois des regards assassins des passants dans la rue.

En attendant je remets l’énooorme silencieux d’origine, et je planche sur d’autres solutions. J’approche un silencieux de Panigale 929, le rendu visuel me plait bien et le double silencieux permettra de gérer plus facilement le niveau de décibels en bricolant un peu. La difficulté va être l’adaptation à la ligne. Ça reste au stade de projet potentiel, j’attends de me décider pour la suite.

Finalement j’ai déjà identifié plusieurs pistes d’amélioration, de quoi s’occuper un moment. La plupart devront attendre un peu, le principal étant d’avoir une moto propre et roulante.

Plus qu’à continuer sur cette lancée, le projet est lancé !

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