Voyage à dos de baleine

Voici la courte mais dense histoire du temps passé avec mon allemande. Courte car elle sera restée que trois mois avec nous. L’idée étant d’avoir une moto pour partir à deux le temps d’un été et la revendre au retour.

Plouf plouf, ce sera toi

Le choix a été un peu difficile. Au départ j’envisageais de me tourner vers un gros roadster que j’aurai pu retaper un peu ensuite, type Kawasaki ZRX 1200. Ou pourquoi pas un FJ1200 ? C’est pas très beau mais c’est vraiment pas cher. Bref, j’écume les annonces un peu au pif, sans trop savoir ce que je cherche.

Je tombe finalement sur l’annonce d’une BMW RT 1100 de 1998 à première vue intéressante. J’appelle le proprio pour m’en assurer : 140 000km au compteur, quelques bricoles à revoir mais la moto pourra rentrer par la route. Habillée d’un beau bleu Gendarmerie, avec un peu de bol ça fera s’écarter plus facilement les voitures en remontée de file.

dessin gendarme rt

Finir les fesses sur un RT 1100 n’a jamais été le plan. En général les motards qui roulent là-dessus ne sont pas spécialement portés dans le cœur de la communauté moto. Suffit d’avoir croisé la route de quelques-uns et de s’être pris des vents monumentaux en faisant signe pour commencer à se faire une idée. Les mauvaises langues diront que la moyenne d’âge honorable des propriétaires est sans doute synonyme d’arthrose, empêchant ainsi le moindre lâcher de main gauche en roulant. Mais au labo on n’est pas comme ça. Et de toute façon, la mauvaise foi motarde m’obligera à affirmer que les RT1100 sont les meilleures motos du monde à peine le chèque signé.

Deux jours après je me retrouve donc proprio de la meilleure moto du monde.

baleine

Premier contact

Pour rentrer, 150km m’attendent dont une grosse partie d’autoroute. Première impression : on s’emmerde ferme. Enfin c’est un peu exagéré, disons plutôt que la protection est telle qu’on perd beaucoup en impression de vitesse et on se retrouve à 180 km/h sans s’en rendre compte. Concrètement tout ce qu’on gagne en confort est perdu en sensations. De là à dire que la moto est une passion de masos il n’y a qu’un pas.

Je suis quand même impressionné par l’équipement de la moto pour son âge. Poignées chauffantes, bulle électrique, autoradio, ABS, indicateur de rapport engagé, … Ils ont quand même mis le paquet. La bulle est pratique, à haute vitesse elle permet de garder mon corps de grand phasme à l’abri du vent, en ville on peut la baisser pour conserver une bonne visibilité. Basique certes, mais c’est une première pour moi. A peine le temps de se faire au comportement sur autoroute que j’arrive dans les bouchons parisiens. Entre le gabarit et les valises, au départ je suis sur des œufs d’autant plus que l’ensemble est assez … Etonnant.

La boite 5 vitesses déjà, elle est plutôt bonne mais sorti de moteurs japonais elle parait comme spongieuse. Sur toutes mes motos au feu rouge j’ai le réflexe d’appuyer sur le sélecteur pour vérifier que je suis bien en première avant de repartir. Sur chacune de ces motos il y à une butée nette qui permet de savoir rapidement où on en est : plus rien en dessous de la première. Sur le RT pas de butée, le sélecteur donne l’impression d’être monté sur ressort. J’ai passé quelques feux rouges à chercher une première qui n’existait pas, bon, on se fiera à l’indicateur de rapport engagé.

Ah, la boite claque aussi. En cherchant un peu dans les communautés spécialisées il s’avère que c’est un des traits de caractère de ce modèle, pas de quoi s’affoler. Pas pire non plus qu’une boite Yamaha dans un sens, mais là encore ça renvoie des informations différentes. Il va falloir s’habituer.

La géométrie du train avant est aussi un peu particulière, en tout cas différente des fourches classiques que j’ai toujours eues jusque-là. C’est principalement à basse vitesse que ça m’a marqué et ce dès le premier jour : la moto s’enfonce très peu de l’avant au freinage. L’explication sera d’ailleurs bientôt à retrouver dans les dossiers techniques.

Même les commandes au guidon sont différentes des standards habituels ! Pour le clignotant gauche, un bouton sur le commodo de gauche. Pour le clignotant droit, un bouton sur le commodo droit. Pour éteindre les clignos, un troisième bouton lui aussi à droite.

roi lion hein

Assez déstabilisant au départ, pour indiquer la sortie d’un rond-point par exemple je me retrouve à devoir tenir l’accélérateur du bout des doigts. Les ronds-points parlons-en, les premiers ont été assez flous. Sorti du R1, la moto est très haut perchée et donne l’impression de tomber dans les virages lents.

Bref, beaucoup de petits détails qui une fois mis bout à bout obligent à remettre en question ses automatismes. Du coup, bonne première expérience. A partir du moment où ça a deux roues et un moteur ça m’intéresse, et c’est sympa de découvrir quelque chose d’un peu différent.

Les préparatifs

Je m’arrête en chemin pour exhiber fièrement la plus belle meilleure moto du monde, donc. Au moment de repartir j’enclenche le starter et je démarre. Pendant deux seconde la moto reste au rupteur, ambiance camping des 24h du Mans. Starter bloqué à fond impossible de le faire revenir.

Bon, pas grave. Je finis le trajet en transports et je reviens le lendemain avec des outils pour décoincer tout ça.

RT premier jour
RT premier jour

Pas plus mal de se familiariser avec l’intérieur de la bête, en cas de galère c’est toujours bien de savoir sur quoi on roule. Surtout que sur celle-là, rien que pour sortir la batterie il faut faire tomber tout le flanc gauche et la douzaine de vis qui le maintiennent, autant savoir comment faire.

J’aurais quand même préféré pouvoir choisir l’heure et le lieu pour ça, mais bon … Après l’expérience R1 je relativise. Je finis par remettre le câble de starter en place sans vraiment parvenir à le régler : juste de quoi repartir.

Une fois arrivé à destination, Madame finit enfin par découvrir celle qui nous emmènera en voyage. Verdict : c’est pas beau et le bruit est vilain lui aussi. Ingrate ! Mais bon, le fait est qu’elle a raison.

Suite à ça la moto n’a pas bougé pendant quelques jours. Une fois venu le moment de s’en occuper, la batterie était à plat. Dans ce genre de situation je suis plutôt partisan de la solution On remet tout d’origine et on voit après.

Je commence par faire sauter les projecteurs supplémentaires qui avaient été installés, et je remplace l’ampoule Xénon du feu avant par une H4 classique. En cherchant la fuite je finis par trouver le coupable : le connecteur du chargeur passager (une sorte de prise allume-cigare spécifique BMW) qui était débranché et encrassé : ça devait créer un contact entre les cosses.

Je me rends aussi compte que les Allemands ont décidé de mettre leur autoradio sur un plus après contact permanent, il n’arrête d’être alimenté qu’une fois le neiman verrouillé. Je fais sauter le fusible du poste en attendant d’installer un interrupteur, et monte une batterie neuve au passage.

Bonne nouvelle : plus de soucis de ce côté-là une fois tout en place et nettoyé.

Je commande de quoi faire la révision classique : huile, filtres, bougies, huile de cardan. En attendant mes pièces je m’occupe un peu de l’extérieur, à défaut d’être belle elle peut déjà être propre. Et voilà la bulle rayée et jaunie qui reçoit un coup de neuf.

Caractérielle mais pas trop

Après installation des pièces et la vidange, ça a fait boum. Au sens propre.

gif coyote explosion

Au premier essai de démarrage une grosse détonation dans la boite à air, qui a chauffé les fesses du filtre à air neuf. De la fumée s’échappe de la boite à air et du boitier d’injection du cylindre gauche, avec une bonne odeur de brûlé. Au final plus de peur que de mal : un réglage du jeu aux soupapes permettra de régler le souci.

Derniers ajustements : purge du circuit ABS, synchronisation des injecteurs, changement des charbons de démarreur en prévention, et nettoyage du palonnier d’accélérateur. Le système permet le renvoi du câble d’accélérateur et de starter vers chacun des deux cylindres. Avec le temps il s’encrasse et se grippe, c’est ce qui avait causé le blocage du câble lors de mon tout premier jour avec la moto.

Cette fois c’est bon, la moto est prête pour partir en duo !

Une bavaroise en route vers la Belgique

Avant d’envisager un vrai voyage, il faut roder la moto et le bonhomme.

Je décide de nous propulser vers Chimay pour l’Open Trophy. Ça permettra de vérifier que tout va bien sur la moto, et de pouvoir assister à ma première course sur route ! C’est parti pour 250km direction la Belgique. J’y vais doucement le temps de m’habituer à la moto, surtout qu’on a droit à 30km de bouchons pour sortir de la région parisienne. Le duo se fait tout naturellement, les selles passager et conducteur sont ultra confortables. On sent à peine le passager à l’arrière.

Je tends une oreille vers le moteur de temps en temps, tout à l’air de tourner comme il faut. Aux deux tiers du trajet je perds l’affichage de la vitesse. Je m’arrête sur le bord de la route et je jette un œil : c’est simplement le câble du compteur qui s’est dévissé. L’accès est difficile et ne me permet pas de le remettre en place comme il faut, tant pis, je me fierai au GPS. A noter que sur les 10 bonnes minutes passées au bord de la route, plusieurs motos sont passées en nous regardant sans s’arrêter. Quand je vous disais que les mecs en RT n’avaient pas la cote !

On finit par arriver à Chimay et on pose nos valises au Petit Chapitre.  A lire en deux ou trois mots j’imagine, au vu des deux félins qui se baladent à leur guise dans les locaux. L’auberge qui se situe à quelques pas du château de Chimay nous a offert un accueil très chaleureux : le week-end commence bien ! Le petit déjeuner ultra copieux nous permet d’envisager une journée sur le circuit sans problème. On aura même le droit de repartir avec de la confiture maison gentiment offerte, histoire d’alourdir un peu plus le pilote et la moto.

le petit chapitre

Plus largement, tous les gens qu’on a croisé sur place ont été adorables, de l’auberge jusqu’aux gens sur le circuit en passant par le Queen Mary, un bar motard tenu par un ancien des paddocks. De quoi se remettre des émotions de la journée devant un bon Irish Coffee, dans une ambiance familière.

Pour faire court et sans vouloir faire de généralités, humainement ma première visite en Belgique a été un vrai régal. Ça nous a changés de la morosité francilienne.

Mais revenons à ce qui nous a poussés à faire la route au départ : la course sur route.

Notre première course sur route

L’Open Trophy de Chimay se déroule sur le circuit tracé dans la ville, avec des courses en peloton un peu à la manière du North West 200.

L’IRRC (International Road Racing Championship) est l’évènement majeur du week-end, accompagné d’épreuves du championnat Belge : Supersport, Superbike, Supertwin, EVO, IPC 125 et Youngtimer Superbike. En toute franchise, ce sont des championnats je connais assez peu et je risquerais de dire des bêtises plus qu’autre chose si je décidais de détailler les participants ou le résultat des courses. Courses que nous n’avons d’ailleurs pas toutes vues car nous avons dû rentrer le dimanche.

Non, l’objectif était bien plus basique : on voulait en prendre plein les yeux, et ça n’a pas loupé.

gif wow

L’ambiance est bien loin de celle des Grand Prix, souvent aseptisée, parfois décevante. Mais on ne va pas s’étendre sur le sujet ici.

L’Open Trophy permet, le temps d’un week-end de se retrouver à une époque des courses moto que je n’ai connu que par des photos et des vidéos, quand les pilotes étaient encore accessibles, réglaient leur moto à l’arrière d’une fourgonnette et finissaient leur Lucky Strike avant d’enfiler leur casque. Une course de passionnés, devant des spectateurs tout autant passionnés et respectueux du spectacle offert.

circuit chimay
circuit chimay

Le paddock est ouvert au public, l’occasion de se balader et de voir quelques pépites. Pour le coup ma curiosité s’est surtout portée sur les side-cars. J’avais eu l’occasion d’en voir tourner au circuit Carole, mais jamais d’en voir à poil en pleine séance de réglage d’avant qualifications. Les machines sont  impressionnantes, j’imagine que les sensations à bord le sont tout autant.

Après quelques allers-retours dans le paddock, les moteurs commencent à monter dans les tours sur la piste. On décide de se poster au virage de la Porte de Mons, le dernier virage du circuit. On se retrouve assez éloignés de la route derrière un grillage, devant un virage relativement lent. Je suis content d’assister au spectacle mais ce n’est pas vraiment ce que je recherchais. On remonte un peu le circuit en sens inverse jusqu’à la cassure qui se trouve après la chicane Bourgoignie, et là, ça envoie.

On est juste en bord de piste. A cet endroit pas de vibreurs : des glissières, des panneaux routiers, du marquage au sol, et du gros gaz ! Les motos sont en pleine accélérations et, même pour quelqu’un qui a l’habitude d’assister à des courses motos, c’est impressionnant. Je comprends mieux les réactions des nouveaux spectateurs du Tourist Trophy qu’on peut voir fréquemment sur internet.

Le descriptif du week-end va être un peu à l’image de notre passage : expéditif. Sur deux jours à peine, difficile de tout faire, surtout qu’on a aussi voulu se balader et visiter les environs (et goûter la bière !).

chimay biere

Ce sera une excuse de plus pour y retourner et voir les courses sous un autre angle. En tout cas c’est une super opportunité pour pouvoir assister facilement à une course sur route, et ça donne une seule envie : remettre ça.

Le retour se fait sans encombre. Tous les objectifs ont été remplis : on en a pris plein les yeux, validé le fonctionnement de la moto, et j’ai pu me faire la main sur le pilotage.

Restera juste à fixer le câble de compteur comme il se doit, et on peut partir en voyage l’esprit tranquille.

Une baleine sur la côte

Nous voilà au jour J, seul objectif de la journée : rejoindre la cote le plus rapidement possible. Ce sera le seul jour du voyage où on posera les roues sur l’autoroute. On vérifie une dernière fois bagages et sangles de réservoir, c’est parti.

rt prete depart

Cinq heures de ligne droite, rien de bien sexy mais forcé de constater qu’au guidon de cette moto ça se vit plutôt bien. On arrive à Bouin, une petite ville qui nous servira de pied à terre proche de Noirmoutier, notre destination d’origine. Rien de bien fou aux alentours, c’est même plutôt mort à vrai dire, mais tant pis on n’est pas là pour faire du sur-place. Le temps d’engloutir un steak-frites et on se dirige vers l’Île de Noirmoutier.

On traverse par le passage du Gois, un des deux accès à l’île qui se retrouve submergé à marée haute. Ça bouchonne un peu mais l’impression de se retrouver au milieu de la mer en moto fait oublier le reste.

passage de gois

En arrivant sur l’île on repère une location de trottinettes tout-terrain. On craque et on visite la digue là-dessus. La batterie dans un sac à dos et roule ma poule. Deux moteurs, un sur chaque roue, ça tracte ! De quoi se réveiller après l’autoroute.

La visite du centre de l’île attendra le lendemain et ma foi, on a préféré le tour de digue de la veille. J’admets qu’on ne savait pas trop à quoi s’attendre, et c’est pour ça qu’on en a fait notre première destination : découvrir. On était certes au cœur de la saison, mais j’ai trouvé ça beaucoup trop touristique. Toutes les activités proposées étaient orientées tourisme, à tel point que ça finissait par faire un peu vitrine et perdait de son charme. Le cadre est très sympa en soi et j’imagine qu’en famille on y passe des bonnes vacances, mais le fait est que c’est pas vraiment ce qu’on recherchait à ce moment.

On se balade un peu aux alentours mais il se met à pleuvoir des cordes. On finit par se retrouver au cinéma de Notre-Dame-de-Monts à regarder Toy Story 3. On est que deux dans la salle. On en rigole mais c’est un peu la lose.

Pas grave : la journée suivante s’annonce top.

Tourisme éthylique

Aujourd’hui on rentre dans le vif : on descend le littoral en restant sur les petites routes. On définit juste les étapes sans trop se soucier de l’itinéraire : le beau temps est revenu et on a toute la journée. Les Sables-d’Olonne, La Tranche-sur-Mer, La Rochelle, Royan, … On passe la journée à arpenter les départementales sous un soleil de plus en plus chaud, en s’arrêtant quand l’envie nous prend. A peine le temps de se lier d’amitié avec un piaf qui nous accueille dans une petite station-service qu’on reprend la route.

bordeaux perroquets
bordeaux perroquets

On finit par rejoindre Bordeaux en début de soirée. Fatigués mais souriants, la tête pleine des images du jour. Le lendemain pas de moto, on sera des simples piétons dans la ville.

Etant amateur de whisky, on fait un crochet par la distillerie Moon Harbour. L’entreprise est récente car créée en 2014 seulement, et installée à cet endroit depuis fin 2017. Le cadre à lui tout seul vaut le détour : la distillerie a été construite dans un ancien bunker de l’Allemagne nazie, qui servait de cuve à carburant pour leur flotte. La visite de la distillerie est sympa, il en va de même pour la dégustation qui suit. Du coup je repars avec des souvenirs.

Prochaine étape : rejoindre la région de Montauban pour passer quelques jours dans ma famille. Toujours par les petites routes. On fait une pause par le château de Monbazillac, berceau d’origine d’un des seuls vins que j’aime boire. Oui je sais c’est sucré, mais j’aime les vins qui ont pas le goût de vin j’y peux rien. D’un côté, tant mieux pour mon foie et mon portefeuille.

On finit par sortir des vignes et rejoindre l’Occitanie. On profite du temps passé là-bas pour visiter la région. Le soleil tape fort et les routes font que tourner : le kiff ! Bien conseillés sur les endroits à voir, on passe une journée à se faire des boucles entre Saint-Antonin, Bruniquel, Puycelsi, … Des décors superbes et des routes qui le sont tout autant. Les motards locaux sont bien chanceux. La garde au sol étant assez limitée, je pensais entendre le cale pied dans les virages à gauche mais c’était la béquille, oups.

La baleine au zoo

On attaque la dernière étape du périple. Ça commence à sentir la fin des vacances puisqu’on commence à remonter vers le nord. On sort du Sud-Ouest par les itinéraires bis pour profiter une dernière fois des routes virolantes. Le reste a été beaucoup plus calme, pour ne pas dire ennuyant. On pose nos valises à deux pas de Beauval, le lendemain : visite du zoo. Alors ok, j’ai râlé dans le paragraphe sur Noirmoutier, et dans le genre touristique difficile de faire pire qu’un zoo. Pour ma défense, c’est plus difficile de croiser des pandas que des plages en se baladant à moto, pas trop le choix que de payer son billet. Le fait est que la visite a été très sympa. La météo prévoyait un temps pourri qui a finalement été bon, résultat : le parc était vide pendant la matinée, et la visite d’autant plus agréable.

La baleine s’échoue

Une fois l’interlude animalier terminé, il était temps de rentrer pour de bon. Cette fois-ci la météo n’était pas avec nous : 4h de route sous une pluie battante en perspective.

gif pluie stitch

Le trajet se passe… Avec un goût de fin et la météo capricieuse, difficile de vraiment apprécier. Apparemment notre baleine bleue n’appréciait pas non plus : on a fini par s’échouer. Petit flash-back : le premier jour dans les ronds-points la moto m’avait donné la sensation de « tomber » à la mise sur l’angle, apparemment c’était prémonitoire.

Au milieu d’un rond-point à côté de Blois, en visant la sortie de gauche l’avant est parti. Sans raison apparente. Pas de trace d’huile par terre, on roulait pourtant pas vite : mystère. Un peu désagréable de finir le cul par terre sans comprendre pourquoi.

Je me relève pour voir Madame, qui a eu un peu peur mais pas de bobos. Je coupe le contact et j’essaie de relever la moto mais impossible, heureusement un type en voiture derrière nous s’est arrêté pour donner un coup de main. Je checke rapidement l’essentiel : cale pieds, sélecteur, embrayage, rien n’est cassé. On a du bol malgré tout, on va pouvoir rentrer.

On repart pour quelques mètres et je m’arrête le temps que l’adrénaline redescende. Bon pas trop longtemps non plus, il pleut toujours à torrent. Je regarde rapidement, RAS, les bouteilles de whisky rangés au dessus du réservoir n’ont rien non plus, ouf !

On arrive (enfin !) à la maison, en refaisant le tour de la moto je me rends compte que c’est la valise gauche a tout encaissé. C’est que c’est solide ces bêtes-là ! Le dernier trajet laisse un goût un peu amer mais à peine le temps de défaire la valise qu’on se rappelle surtout les bons souvenirs.

La RT aura fait le boulot sans broncher, ce qui en soit n’est pas vraiment une surprise. 2200km de petites routes sans encombre en dehors de la petite glissade du dernier jour. A force de rouler on s’habitue à tous ces changements, et j’avoue qu’on finit par apprécier quand on arrive le soir après 9h sur les routes, sans avoir besoin d’un déambulateur.

L’idée de racheter une moto du même genre pour voyager m’a traversé l’esprit, mais ce serait trop mono-usage. Je me vois difficilement au guidon d’un engin pareil au quotidien, en remontant sur mon CB500, ma quotidienne de l’époque, j’ai d’ailleurs eu l’impression d’être sur un 103SP avec la différence de poids. Du coup, pas de regrets à la revendre dès le retour.

Au final ça aura été une super expérience pour un premier voyage en duo : ce ne sera certainement pas le dernier !

conclusion rt

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